Bonjour a tous,

Depuis quelques jours, plusieurs médias font le relais d’une «  guerre entre Youtube et les indépendants ». Dans ce contexte, il nous paraît important de vous communiquer les informations suivantes au sujet du nouveau contrat entre Believe Digital et YouTube pour vous donner une compréhension complète du sujet.

Vos labels managers et l’ensemble de vos interlocuteurs chez Believe Digital restent à votre entière disposition pour répondre à vos questions.

Cordialement,

Believe Digital.

Points clefs au sujet de l’accord entre Believe Digital et Youtube.
Au sujet de la négociation avec YouTube
  •  Les premières négociations avec YouTube ont démarré en septembre 2013. Believe a signé le nouveau contrat en février 2014 après 6 mois d’intenses négociations. À un aucun moment dans les discussions Believe n’a été menacé par YouTube de supprimer les vidéos en ligne.
  •  Le contrat final inclut un certain nombre de modifications négociées que nous considérions essentielles pour préserver les intérêts des labels et artistes que nous représentons.
  • Le nouveau contrat fixe deux éléments-clés: (i) les conditions d’exploitation de YouTube telles qu’elles existent aujourd’hui, et (ii) les nouvelles dispositions liées au service d’abonnement que YouTube lancera prochainement.

 

À propos des modes d’exploitation préexistants
  • Le nouveau contrat inclut une hausse significative du taux de rémunération applicable aux enregistrements utilisés pour illustrer des vidéos crées par des utilisateurs  (UGC). Ces revenus constituent actuellement la source principale de revenus sur YouTube.
  • Il inclut une augmentation du taux de rémunération sur les vidéos officielles en Europe.
  •  Ces deux nouveaux taux ont pris effet le 1er Février 2014 et ont déjà contribué à une hausse des revenus YouTube de tous les artistes et labels que nous représentons ces 5 derniers mois.

 

À propos des nouveaux modes d’exploitations

  •  Ce nouveau contrat prévoit également les conditions de rémunérations par YouTube dans le cadre de son nouveau service d’abonnement.
  •  Durant la phase de négociation, nous avons mené des études rigoureuses afin de nous assurer que (i) les conditions proposées par YouTube étaient comparables avec les conditions actuelles du marché d’écoute à la demande sur abonnement sur d’autres services, et que (ii) ces conditions étaient en phase avec celles offertes aux majors et autres labels. Nous sommes arrivés aux conclusions suivantes :

 

–  Suite à l’étude de nos royautés et contrats avec Deezer, Spotify et Rdio, notre conclusion est que le taux offert par YouTube pour son service d’abonnement est aligné sur les taux actuels de marché. Les minimums garantis par abonné sont également alignés.

–  Les informations dont nous disposons indiquent que les taux négociés par les majors sont identiques aux taux que nous avons obtenus.

–  Des avances en trésorerie, et autres avantages tels que des prises de participation, ne sont jamais considérés par Believe comme un élément à inclure dans ses négociations, à cause de leur manque de transparence et de la difficulté à les redistribuer équitablement. Notre objectif est systématiquement de négocier les taux de partage de revenu les plus intéressants pour les artistes et labels que nous représentons.

 

Un mot du PDG, Denis Ladegaillerie.

” Mon point de vue personnel en tant que PDG de Believe Digital, a toujours été que notre responsabilité est de faire nos meilleurs efforts pour utiliser avec équité le mandat qui nous est donné par les labels et musiciens que nous représentons, y compris dans la négociation des contrats.
La viabilité de notre activité serait directement menacée si nous trahissions cet engagement en acceptant des contrats déséquilibrés ou des conditions défavorables.
 
Il est important de rappeler que nous sommes totalement indépendants et nous souhaitons continuer à défendre du mieux possible les revenus et la visibilité promotionnelle des labels et musiciens indépendants que nous représentons, et qu’accroître notre part de marché nous permet de négocier ces contrats le plus solidement possible.
 
Au-delà des considérations de concurrence soulevées par WIN (menaces de blocage de contenus que nous n’avons pas nous-même expérimenté), mon opinion personnelle est que les inquiétudes exprimées par WIN et Impala sont justes, légitimes et importantes :
 
–         Sur le financement du secteur musical en Europe:
 
Dans un marché qui a connu une décroissance forte (et qui continue à décroitre dans un certain nombre de pays), il est essentiel de mettre en place un cadre pour soutenir l’accès des labels indépendants au financement. Dans un nouveau monde digital où les Majors acquièrent un avantage compétitif en obtenant des avances conséquentes de la part des plateformes digitales, ceci est clairement une problématique centrale. Décider s’il est judicieux pour les indépendants de suivre la même route est une question clé. La construction de puissantes sociétés de distribution indépendante contribuant au financement de l’écosystème des labels indépendants de pair avec des mécanismes de financement renforcés en est une autre.
 
–          Sur l’impact du modèle économique de l’écoute à la demande: la valeur de la musique doit-elle être mesurée au nombre de fois qu’elle est jouée ?
 
Une écoute d’une interprétation de Stockhausen par une personne passionnée de musique classique a-t-elle moins de valeur que celle d’un adolescent écoutant un nouveau tube dance 20 fois par jour? À l’heure actuelle, d’un point de vue financier, la réponse est oui pour YouTube et pour tous les autres services d’écoute à la demande. Il est essentiel de travailler sur ces sujets dans les années à venir, dans un cadre où il est probable que le streaming occupe une place importante.
 
–          Sur la visibilité des artistes et labels indépendants dans l’espace musical numérique: 
 
Dans un paysage dominé par certaines larges entreprises, avec des recommandations basées sur des algorithmes, où la découverte émane de plus en plus de services comme YouTube, Deezer et Spotify, comprendre comment continuer a exposer et promouvoir le catalogue des artistes et labels indépendants et un point crucial. Quelles propositions pourrons-nous formuler à ce sujet ?
 
Toutes ces inquiétudes sont importantes et légitimes (aux côtés d’autres problématiques actuelles telles que les œuvres du domaine public ainsi que les réinterprétations / reprises ) et doivent trouver des réponses institutionnelles pour assurer la vitalité de la création musicale en secteur indépendant.
 
Sont-elles limitées à YouTube? Non, mon opinion personnelle est que ces considérations structurelles de marché doivent être prise en compte plus largement, dans le cadre d’initiatives conduites par Impala, WIN et autres cadres institutionnels.” 

 

 

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